chronographes

Ces chronographes qui équipent certaines montres

Aujourd’hui, les chronographes sur les montre-bracelet n’ont plus d’utilité. Car ces mesures sont réalisées par les chronomètres intégrés dans les smartphones ou les chronomètres de mesures de performance sportives.

Cependant certains horlogers ont gardé ce système sur des montres de prestige. Ils ont même intégré des techniques mécaniquement très sophistiquées pour satisfaire une certaine clientèle.

La roue des secondes double

Le mécanisme des chronographes est dans la plupart des cas actionné par la roue des secondes. Il existe diverses possibilités pour transmettre au mouvement de chronographe la force de la roue des secondes qui tourne à l’intérieur du mouvement d’horlogerie à proprement parler, c’est-à-dire entre les platines. Dans les configurations classiques, le mouvement de chronographe est logé sur le pont de rouage arriéré, donc à l’extérieur du mouvement de la montre elle-même.

La technique d’entrainement

L’une des méthodes courantes pour transmettre la force consiste par exemple à équiper l’axe de la roue des secondes (qui tourne dans le mouvement d’horlogerie) de deux longs pivots. L’un des deux apparait du côté du cadran et porte la petite trotteuse. Sur le deuxième long pivot, qui sort du pont de rouage arriéré, est fixée une autre roue, amovible, la roue entraineuse. Contrairement aux roues du mouvement de la montre, cette dernière possède des dents triangulaires. La force est ensuite transmise par l’engrènement inhabituel dans les mouvements d’horlogerie de deux roues l’une avec l’autre (traditionnellement l’engrènement se fait d’une roue avec un pignon).

La roue entraineuse externe fixée sur l’axe de la roue des secondes s’engrène avec une autre roue (la roue d’embrayage) dont la denture est identique à la sienne et qui repose sur un levier, appelé embrayage.

L’embrayage des chronographes

L’embrayage peut tourner légèrement autour d’une vis au-dessus du pont de rouage arriéré. Une deuxième vis à grosse tête, vissée au bâti par un trou ovale dans l’embrayage, détermine l’amplitude de mouvement. Un petit ressort, appelé ressort d’embrayage, pousse l’embrayage vers le milieu du mouvement. La roue qui repose dessus, la roue d’embrayage, s’engrène ainsi avec la roue de chronographe, dont les dents sont deux fois moins grandes mais ont la même forme.

Lorsque l’on exerce une pression sur le poussoir de démarrage situé sur le boitier de la montre, le bloqueur est libéré. Au même moment, l’embrayage se déplace vers la roue de chronographe qui s’engrène avec la roue d’embrayage. Le chronographe commence à mesurer l’intervalle de temps. Grâce cette construction, il est possible de déclencher et d’arrêter le mécanisme du chronographe à tout moment.

Le comptage des minutes

Si le laps de temps mesuré dure plus d’une minute, la roue compteuse de minutes, qui actionne le compteur 30 minutes sur le cadran de la montre, doit avancer d’un cran. Pour ce faire, les dents d’un entraineur, fixé sur l’axe de la roue des chronographes, pénètrent entre les dents de la roue en étoile, qui est elle-même en contact avec la roue compteuse de minutes. La roue en étoile avance d’une dent. Comme elles ont une denture identique, la roue compteuse de minutes se déplace également d’un cran. A ce moment, de l’autre côté du mouvement, sur le cadran, l’aiguille du compteur 30 minutes avance également précisément d’un trait.

La technique pour assurer cette fonction

Cette fonction est assurée par un petit ressort d’arrêt (ressort du compteur de minutes) qui s’engrène entre les dents de la roue compteuse de minutes et lui permet de se déplacer d’un cran.

La roue est finalement maintenue précisément en position par le ressort de la roue compteuse de minutes jusqu’à ce que la roue de chronographe l’entraine de nouveau. Lorsque la mesure doit être stoppée, on exerce de nouveau une pression sur le poussoir de démarrage, l’embrayage se déconnecte et un bloqueur se pose sur la roue de chronographe.

Le pignon oscillant

Étant donné que ce principe de chronographes était techniquement complexe et que sa fabrication coûtait cher, Edouard Heuer, fondateur de la marque d’horlogerie connue aujourd’hui sous le nom de TAG Heuer, inventa le pignon oscillant pour lequel il déposa un brevet en mai 1887. Ce pignon oscillant est composé d’un axe avec deux couronnes dentées. La couronne montée du côté du cadran entraine la roue des secondes du mouvement de la montre alors que la couronne opposée s’engrène avec la roue de chronographe. Pour lancer l’engrenage (démarrage) ou pour l’arrêter (arrêt), le pignon oscillant bascule.

Cette construction géniale est aujourd’hui plus actuelle que jamais et est utilisée dans le mouvement de chronographe le plus vendu de nos jours, le calibre ETA 7750 (Valjoux).

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