fluor

Le fluor renforce-t-il votre émail ?

Le rôle déterminant du fluor dans la prévention de la carie n’est plus à démontrer. Attention néanmoins au surdosage qui expose l’émail au risque de fluorose. Le point sur ces fameux « fluorures » …

C’est dans les années 1930 que les premières études ont démontré la relation entre la teneur en fluor de l’eau et la diminution du risque de caries. Depuis, on ne compte plus les études menées dans de nombreux pays qui ont mis en évidence les bénéfices d’un apport adéquat en fluor. Naturellement présent dans les tissus calcifiés (os, émail et dentine), le fluor est lié à la molécule d’apatite de façon réversible. On observe en permanence des reminéralisations après des déminéralisations par des attaques acides. C’est le fluor qui accompagne, nuit et jour, ces phases de « cicatrisations » de l’émail. De plus, il a une action inhibitrice sur le développement des bactéries cariogènes.

En application locale : pas de risque de fluorose

La fluorose se caractérise par un émail altéré et très inesthétique. Ces lésions peuvent aller de la simple opacité la perte de substance dans les cas sévères, en passant par des taches blanchâtres ou brunâtres. Si les doses de fluor ingérées pendant la phase de minéralisation des dents (qui démarre vers le 3e mois in utero et s’achève vers l’âge de 12 ans) dépassent les limites de la prévention, un risque de fluorose de l’émail existe. Les recommandations actuelles visent à privilégier les applications locales de fluor pour éviter ce risque.

Des bilans personnalisés pour éviter les surdosages

Le fluor étant présent dans la nature, ses sources sont multiples et variées (aliments, eau du robinet ou embouteillée, sel de cuisine, dentifrices, gels, bains de bouche). Votre chirurgien-dentiste fera un bilan personnalisé des apports journaliers de votre enfant avant de lui prescrire, si nécessaire, un complément de fluor par voie orale.

Le ppm ?

Le ppm est une « partie pour un million ». Un dentifrice à 1500ppm contient 1500 mg/ 1000000 mg ou encore 1,5 mg/1 000mg, soit1,5 mg de fluor pour 1 g de dentifrice.

L’apport complémentaire en fluor n’est plus systématique

D’après les dernières recommandations de l’Afssaps…

De 0 à 2 ans

Si l’eau utilisée pour la préparation des biberons a une teneur en fluor inférieure ou égale 0,3 mg/l, un apport complémentaire fluoré sera prescrit.

De 2 à 6 ans

La prescription médicamenteuse doit être adaptée aux autres sources de fluor (bilan). On conseille un dentifrice d’une concentration inférieure ou égale 500 ppm de fluor. Les enfants doivent bien recracher le dentifrice et se rincer la bouche après avoir utilisé la brosse à dents.

De 6 à 12 ans

Le dosage du dentifrice en fluor passe 1 500 ppm. Le complément fluoré par voie orale est maintenu en fonction du bilan des apports en fluor.

A l’adolescence

La minéralisation des dents étant terminée (sauf celle des dents de sagesse), seule l’utilisation de dentifrice fluoré est recommandée. La fluoration par voie générale n’est plus justifiée.

La femme enceinte

Aucune étude n’a démontré sur la carie des dents de lait quelle était l’efficacité d’un complément prénatal comparée son administration post-natale. Une hygiène rigoureuse avec un dentifrice fluoré est indispensable.

Contact « émail-fluor » : jouer les prolongations !

Pour reminéraliser en profondeur vos dents, il vaut mieux prolonger ou répéter le temps de contact d’une solution à faible teneur en fluor sur l’émail plutôt que de privilégier des concentrations élevées en fluor. C’est pourquoi il est préférable de cracher sans rincer après le brossage avec un dentifrice fluoré.

Jusqu’à 12 ans les limites de la prévention sont fixées à 0,05 g de fluor/kg de poids corporel par 24 h et par voie orale, sans dépasser 1mg/ jour, tout apport de fluor confondu.

Comments are closed, but trackbacks and pingbacks are open.